vendredi 19 juillet 2013

A l'Indochine, on ne mange pas idiot


Un vendredi du mois d’avril, pour l’anniversaire de la puce, nous décidâmes d’aller dîner dans un restaurant servant nourriture asiatique. 

Le lieu étant connu, nous avions réservé et nous retrouvâmes à monter sur une plateforme par un escalier de fer. Le repas fut excellent et le service long. 

Heureusement, de la lecture, nous avions, tant et plus. Sur les murs, des affiches dénonçant l’esclavage et le travail rémunéré. A ma droite, le discours que fit le chef indien Seatle lorsque les Etats-Unis proposèrent de racheter leurs terres. Un texte riche et digne sur le sol, le respect dû au vivants et aux ancêtres.

Nous étions dans la tanière d'un anarchiste pure souche.

En me soulevant du banc, je découvris une phrase. "Mourir, c'est pas facile". Signé Nicolas Sarkozy. 

mercredi 17 juillet 2013

Intégration

J'habite la campagne.

Des vaches, des fermes, du fromage, du saucisson, du vin blanc de Savoie qui va bien avec tout ça.

Des agriculteurs, éleveurs, vignerons, jaloux de leur tradition, et peu enclins à goûter le modernisme culinaire, encore moins la cuisine fusion, si chère à nos amis nord-américains !

Vendredi dernier, nous étions invités à la traditionnelle fête des voisins, qu'ils ne font JAMAIS à la date officielle (c'est pas les parigots têtes de veau qui vont faire la loi, crénom d'un chien !) Le buffet était canadien, le BBQ savoyard (avec des godivaux) et le vin au frais dans l'abreuvoir ! La fête se déroulait dans la cour de la ferme, ma voisine, et la population au grand complet (58 habitants) attendait de pied ferme les "Américains".

Lesquels se sont creusé les méninges pour savoir ce qu'ils allaient bien pouvoir amener...

Et l'idée de génie nous vint que nous allions faire nos fameux ribs (travers de porc) à l'Arizonienne, soit à la cow-boy.

Et comme je ne suis pas égoïste, je vous livre la recette en photos !

 Prendre un beau travers de porc, de la moutarde condiment, et des épices à BBQ (ou tex mex si vous voulez que ça arrache)
 Badigeonnez le travers de moutarde 
(généreusement) et saupoudrez non moins généreusement d'épices)

 Enfermez très hermétiquement dans 2 (voire 3 ) couches de papier d'alu. 
Il ne faut surtout pas qu'il y ait de trous sinon la viande sèche.

 Au four (180°c) ou sur la grille haute du BBQ pendant 3 heures

Ouvrez délicatement le papier d'alu - attention c'est super chaud - (mon côté américain de prévenir de tout danger pour ne pas avoir de procès !)

La viande est confite dans la moutarde et les épices. Elle est tendre, juteuse... Hummm, un régal.
Que nos voisins n'ont pas boudé, puisque le plat était fini en un clin d'oeil, et que "les Américains y savent faire du gouteux", dixit ma voisine de 92 ans qui ne pensait pas un jour manger de la cuisine de cow-boy !

Désormais nos voisins nous connaissent, viennent nous saluer, nous filent des bouteilles de vin de leur cave et, surtout, veulent nous voir faire les travers à l'arizonnienne à CHAQUE fête des voisins !

Bises de dessous le soleil de Nath.


 

lundi 15 juillet 2013

Prendre de la Hooters

Hooters... Un concept qui, sans doute, n'existe qu'aux Etats-Unis. On est en mars 2011, je pénètre avec deux amis dans ce "restaurant" où les serveuses ont des formes généreuses niveau décolleté. La suite est mémorable.

"En cette journée de la femme, je tenais, dans un noble souci d'information, à vous parler d'une chaîne de restaurants locale, j'ai nommé Hooters ("chouette" et aussi "nichons" en anglais d'ici).

Pour ceux qui ne connaissent pas (en gros, les heureux vivants hors des USA), je vous conseille d'aller faire un tour sur leur site Internet.

...

Je sais, on a du mal à détacher son regard de cet amoncellement de saine nourriture aux couleurs criards. Si Hooters n'existait pas, il devait y avoir un Américain pour l'inventer. Ce qui fut fait, pour la petite histoire en 1983, à Atlanta, patrie d' "Autant en emporte le vent", de Coca-Cola et de CNN.

Mais revenons à nos tétons... Euh... à nos moutons. Comme vous l'avez -peut-être- remarqué, la particularité de la chaîne est la plastique des serveuses. Mini-short orange, tee-shirt blanc orné d'une chouette (qui possède deux énormes YEUX) et une paire de seins conséquente.

Chaque femme employée doit signer un contrat stipulant :
- "Pour mon travail, je dois porter l'uniforme Hooters."
- "Pour mon travail, je dois dialoguer et divertir les clients."
- "Le concept de hooters est basé sur l'emploi de filles ayant du sex-appeal et l'ambiance de travail est joyeuse et communicative."
- "Je ne trouverai pas mon travail intimidant, l'uniforme inconfortable, l'environnement du restaurant hostile..."

...

La devise informelle a beau être "come for the wings, stay for the boobs" ("venez pour les ailes de poulet, restez pour les nichons"), les ailes de poulet n'ont aucun intérêt. Je ne parle pas pour moi, j'ai pris une salade tout ce qu'il y a de diététique.

En revanche, les trois amis avec lesquels j'avais accompli le pèlerinage étaient déçus par les "wings". Les bières étaient tièdes, les feuilles de salade donnaient l'impression d'avoir été mâchées à foison.

Et pourtant, ils ne sont pas dégonflés, chez Hooters.



"Vous ne trouverez pas de nourriture comme ça à Paris", proclame l'affiche.

Trois murs étaient recouverts d'un lambris qui semblait en plastique... Le quatrième, derrière un pseudo-bar, était formé, du sol au plafond, de rouleaux de Sopalin.

Bref, nous sommes sortis de là vaguement déprimés (pourtant, j'avais fait des pieds et des mains pour y aller) et le ventre tourneboulé... Ah oui, j'avais oublié de vous dire, les jeunes femmes portaient des collants couleur chair.
C'est sans doute pour cela que la chaîne n'hésite pas à proclamer qu'elle est un restaurant familial.